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Concert Made in Japan !

concert patronage laïque

La musique traditionnelle japonaise est l’une des plus raffinées et sophistiquées qui soit. Si vous en avez assez du quotidien et que vous cherchez l’évasion, l’harmonie et la zénitude du monde, venez écouter un récital exceptionnel puisque deux « sensei » sont venus spécialement du Japon pour nous l’offrir. Et parmi eux, Emmanuelle Rouaud, une française pure souche qui nous en dit plus.

Valgirardin : Quels instruments allons-nous entendre lors de ce concert ?

Emmanuelle Rouaud : De la flûte traditionnelle, appellé Shakuhachi et qui est un instrument en bambou, tenue droite, et du koto, un instrument à cordes pincées dont le son peut être assimilé à celui de la harpe occidentale. Ces instruments remontent à l’ère Nara (553-794), ramenés de Chine par des moines japonais. Avec eux, auxquels on ajoute des percussions comme le daiko, nait le « gagaku », une musique de cour élégante et raffinée qui devient une sorte de musique officielle. Koto et shakuhachi sont donc les instruments les plus anciens et les plus connus au Japon.

Le Japon étant resté longtemps refermé sur lui-même, cette musique traditionnelle a-t-elle évoluée ?

E.R. : En fait la musique au Japon est soit liée aux spectacles, comme le théâtre de kabuki par exemple, soit aux cérémonies, soit à la spiritualité. La flûte shakuhachi est ainsi intimement liée au bouddhisme et à son processus d’éveil spirituel et fut, entre autres, l’instrument des moines errants, les fameux Komuso, portant sur la tête une sorte de panier de paille.

De plus, si le répertoire de la musique, tant instrumentale que vocale, semble réduit c’est aussi parce que la tradition en était orale, se transmettait de maître à élèves, et qu’une grande partie du patrimoine a été perdue. Cela dit, à l’époque Edo (1603-1867), pendant laquelle le Japon a fermé ses frontières, les instruments traditionnels connaissent des transformations et se développe alors un répertoire solo mais aussi de musique de chambre… Comme quoi ! Enfin au 19ème siècle, le style Tozan créé par Tozan Nakao, est directement influencé par la musique occidentale.

Aujourd’hui, cette musique a-t-elle toujours le vent en poupe dans un Japon technophile ? 

E.R. : Dans les années d’après guerre, il y a eu une désaffection par les jeunes générations pour la musique traditionnelle au Japon. Ce qui n’empêchera pas de grands compositeurs japonais et de grands musiciens de lui donner une vraie modernité. Comme souvent au Japon, la plus pure tradition cohabite avec la plus folle modernité.

Qu’allons-nous entendre ce vendredi soir ?

E.R. : Les deux maîtres Teruo Furuya et Mizuka Onishi ont choisi un programme varié, dévoilant différentes facettes et couleurs de la musique japonaise. Des pièces pour shakuhachi solo liée à la méditation, puis des œuvres des 17ème et 19ème siècles pour koto solo et shakuhachi et koto. Puis avec Sion Katsura nous nous lancerons dans un répertoire de mélodies populaires japonaises.

Vous la Française pure souche, comment êtes-vous tombée dans le bol japonais ?!

E.R. : Flutiste de formation, j’ai toujours été attirée par les flûtes en bois ! J’ai tâté de la flûte baroque occidentale, puis j’ai écouté le son de la bansuri indienne, et finalement, le son du shakuhachi m’a ensorcelée ! Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, je ne suis pas un oiseau si rare que ça… Il y a en France (et en Europe) un vivier d’amateurs passionnés très actif.

Et quel est le regard des maîtres japonais sur ces occidentaux qui se piquent de culture nippone ?

E.R. : Extrêmement bienveillant ! Je crois en fait qu’ils sont très fiers de voir leur culture appréciée et partagée…

Le concert aura lieu le vendredi 31 mars 2017 à 20h au Patronage Laïque Jules Vallès

Sophie Dominique Rougier
Sophie Dominique Rougier
Sophie Dominique Rougier est journaliste de presse écrite, passionnée de musique(s) et flûtiste amateur.

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