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Misérables : un spectacle musical à hauteur d’enfant

Misérables - Victor Hugo - Théâtre William Mesguish - Senyphine - Espace Paris Plaine - Paris 15

William Mesguich signe une œuvre forte, adaptée du roman phare de Victor Hugo, Les Misérables. Un spectacle musical vivant, complet et beau qui ravira les enfants comme les adultes. Il est joué à l’Espace Paris Plaine, qui, à l’occasion de la représentation du 11 novembre, organisera d’ailleurs une rencontre avec la société des amis de Victor Hugo.

Au sol, une imposante croix se détache dans l’obscurité. Dessinée par la lumière sur la scène encore sombre, elle scintille d’une lueur triste. Cosette, serrant une rose rouge, commence à chanter. De ses lèvres s’échappe un dernier hommage. « Papa dors ; dors papa », fredonne-t-elle, avant de raconter l’histoire qui est la sienne.

Abandonnée par Fantine puis exploitée par la Thernardier, elle laisse place aux fantômes de son passé : en haillons, une mère désespérée confie son nourrisson à une tavernière de la pire espèce. La Thenardier l’en assure pourtant : sa fille mangera à sa faim, elle sera même « bien dodue ! » Rassurée, mais empreinte d’un profond chagrin, Fantine finit par laisser sa petite Cosette.

En musique

L’intégralité du spectacle est rythmée par les passages musicaux, où chaque comédien est à la fois instrumentaliste et chanteur. Chaque morceau vient nourrir l’intrigue, alimentant les rires où suscitant la compassion du public. « Nous voulions que ce spectacle soit musical et nous avons réussi à trouver un bon équilibre entre texte joué et texte chanté. Il nous semblait intéressant de réunir les différents arts du spectacle vivant pour faire de cette prestation une œuvre aussi totale que possible » indique William Mesguich, metteur-en-scène.

Pour lui, la musique fait office de porte d’entrée dans un univers peuplé de personnages qui jalonnent notre imaginaire collectif. « Chacune des douze chansons de la pièce a été composée pour cette œuvre spécifiquement par Oscar Clark qui endosse aussi les rôles de l’inspecteur Javert et de Marius » souligne-t-il en précisant que toute la dimension musicale vient aussi rehausser l’atmosphère d’un récit assez sombre à l’origine.

Les Misérables reste un roman qui traite de thèmes parfois lourds pour des enfants. Sans rien dénaturer, le choix d’une mise-en-scène par la musique ajoute un peu de flamboyance à l’œuvre et la rend plus accessible aux plus jeunes.

Cosette - Emile Bayard 1862
Cosette – illustration d’Emile Bayard (1862)

Les Misérables du point de vue de Cosette

Peu à peu, après l’avoir recueillie et « apprivoisée » ainsi qu’il le chante, l’ancien forçat Jean Valjean s’impose comme la figure du père aimant et protecteur pour la petite que l’on voit grandir tout au long de l’heure que dure le spectacle. C’est là un autre tour de force de la pièce ! En jouant sur les costumes et les attitudes des comédiens, l’œuvre réussit à simuler le passage du temps et balayer la quasi totalité de la vie de sa protagoniste.

« Nous ne prétendons pas adapter l’intégralité du texte de Victor Hugo, ce serait impossible : nous ne pouvions pas mettre-en-scène les 1600 pages du roman. Cela a nécessairement impliqué de choisir des moments spécifiques du récit pour venir dérouler le fil de l’histoire de Cosette » précise William Mesguich.

En effet, la narration se concentre sur Cosette, sur sa construction, son accomplissement en tant que femme puis son affranchissement de son père adoptif. Pour le metteur-en-scène, « traiter l’histoire sous le prisme de Cosette à quelque chose de beau ». Et si Cosette brille particulièrement, tous les personnages jouissent d’un traitement particulièrement soigné, à l’image du texte qu’ils déclament, retravaillé par Charlotte Escamez.

Une portée politique de l’œuvre conservée

Par ailleurs, sur un plan peut-être plus technique, la mise-en-scène met en œuvre de nombreux jeux de lumière et de projections pour créer des ambiances visuelles sensationnelles. Le décor change d’une scène à l’autre, que ce soit à l’aide d’éléments mobiles, de rideaux ou de sons. Du vrai théâtre, visuellement impressionnant et magique musicalement.

« Nous avons pensé ce spectacle comme une œuvre familiale. Les Misérables a souvent été adapté à destination des adultes mais il s’agit ici de faire découvrir cette fresque légendaire et mythique aux enfants. C’est dans cette optique là que Cosette raconte son histoire et aspire par intermittence le spectateur dans les méandres de cette œuvre fleuve. »

« Comme beaucoup de gens, j’aime beaucoup Victor Hugo. Dans l’enfance, puis dans l’adolescence, j’ai été marqué par l’homme qu’il était, les combats qu’il a mené, et son œuvre littéraire, poétique ou théâtrale. Parmi celle-ci, Les Misérables est un incontournable. C’est après avoir monté Les mystères de Paris, d’Eugène Sue, que j’ai pensé à le mettre-en-scène » raconte William Mesguich, qui reconnaît la portée politique de l’œuvre. « Le passage des barricades, que nous avons conservé dans la pièce, présente et défend l’idéal républicain. Choisir de faire le récit de Cosette à l’heure ou les souffrances faites aux femmes et à leur image sont de plus en plus visibles est un choix. N’oublions pas non plus la portée universelle du théâtre : en racontant le monde, en le déplaçant, en le déviant, il nous permet de nous raconter nous même. »

Misérables, Espace Paris Plaine du 8 au 29 novembre 2017 (les mercredis, samedis et dimanches, à 15h).

Crédit illustration (photo haut) : Senyphine

Vincent Nahan
Vincent Nahan

Journaliste pluri-média, spécialisé en presse web, passé par le pôle décryptage (Information politique et générale, essentiellement) de la rédaction d’Atlantico.fr

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