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Ecole Les Saints Anges - Paris 15

Mobilisation pour les 370 élèves de l’école des Saints-Anges menacée de fermeture

L’annonce a été faite aux parents d’élèves début octobre, l’école primaire des Saints-Anges est menacée de fermeture à la rentrée prochaine. L’école privée du 15ème arrondissement de Paris occupe les locaux de l’Œuvre des Saints-Anges, que cette dernière souhaite récupérer. Après dix ans de procédure judiciaire, le tribunal s’est prononcé en faveur de l’Œuvre en juillet 2020, demandant l’évacuation de l’école. Inquiets du devenir de leurs enfants à la rentrée prochaine, les parents d’élèves se mobilisent, encouragés par la directrice de l’établissement, et ont lancé une pétition.

L’école des Saints-Anges, un bref retour historique…

L’école des Saints-Anges accueille 370 élèves, allant de la petite section jusqu’au CM2, et emploie 25 personnes. Depuis la rentrée 2016, la création d’une “Classe-Soleil” permet de scolariser des enfants en situation de handicap, notamment autistes, leur offrant un cadre éducatif adapté à leurs besoins. L’histoire de l’école s’inscrit dans celle du 15ème depuis des décennies.

Fondée en 1844, l’Œuvre des Saints-Anges est reconnue d’utilité publique en décembre 1861, dont l’objet est d’éduquer, d’instruire et de faciliter l’accès à la vie professionnelle des enfants et des jeunes défavorisés. A cette époque, l’institution assurait déjà l’hébergement, l’éducation et la formation de 80 enfants. En 1886, l’Œuvre acheta un terrain rue de Vouillé pour y construire un orphelinat, qui deviendra par la suite l’école des Saints-Anges. Gérée par des congrégations religieuses au fil des années, l’école passe sous l’autorité du diocèse parisien en 1982, devenant une école privée sous contrat. Par un accord de commodat, l’Œuvre prêtait ses locaux à l’école pour une durée de 10 ans, reconductible tous les trois ans.

Classe © Ecole Les Saints Anges

Que se passe-t-il au 8 rue de Vouillé ?

L’Œuvre des Saints-Anges souhaite récupérer ses locaux occupés à titre gracieux. “En 2010, la présidente de cette Œuvre a décidé de supprimer cet accord qui la liait avec l’école” explique sa directrice Marie Blanchet. Une procédure judiciaire a alors été engagée où “à plusieurs reprises, la justice a donné raison à l’école” précise-t-elle. Sauf en novembre 2017, où le tribunal de grande instance de Paris s’est prononcé en faveur de l’institution demandant l’expulsion de l’école. Cette dernière a fait appel, dont le jugement, rendu en mai, a confirmé la décision de première instance de libérer les locaux dès le mois de juin 2020. Une procédure immédiate en référé a accordé, en juillet, un sursis d’un an à l’école.

Les parents d’élèves ont été informés de cette situation début octobre et conviés à une réunion d’information le 7 octobre. Si la fermeture se confirmait, ils devront trouver un autre établissement scolaire pour la rentrée 2021. “C’est une école de proximité. La plupart des enfants sont sectorisés dans la même école publique. Les écoles de quartier vont-elles pouvoir absorber un flux de 370 élèves ?” s’interroge un parent d’élève. “Ce qui nous met tous un peu en colère c’est que l’on est prévenu seulement maintenant. Si nous l’avions su plus tôt, nous aurions pu agir” précise-t-elle au lendemain de cette réunion.

“Nous avons fait le choix d’une rentrée sereine” explique la directrice. “Courant juillet, les uns et les autres étaient partis. Les parents n’auraient pas pu inscrire leurs enfants ailleurs. C’était mettre les familles dans une situation très anxiogène.” Tout au long de ces années, le principe a été de “maintenir cette activité, de voir qu’elle se déployait et proposait un enseignement de qualité” ajoute-t-elle. “L’organisme de gestion a tout fait pour gérer ces procédures, sans en informer les parents, sinon l’école aurait été fermée depuis bien longtemps.”

Pétition “Sauvons l’école Les Saints Anges” sur Change.org

Mobilisation des parents

Aujourd’hui, les parents mobilisés et très unis montent au front, car pour beaucoup d’entre eux la fermeture de cette école est un drame. L’inscription de leurs enfants a été guidée par le projet pédagogique proposé par l’établissement. Ils ont lancé une pétition en ligne, “Sauvons l’école des Saints-Anges”, qui a déjà recueilli plus de 6 600 signatures à l’heure où nous publions. Vendredi, ils ont reçu le soutient des élus du 15ème arrondissement avec la venue à l’école du maire Philippe Goujon (LR) et du député Hugues Renson (LaRem).

L’inquiétude est grande. “On nous a dit que nos enfants seraient prioritaires dans les écoles de la Rive Gauche” indique une mère de famille. “Je ne sais pas ce que cela veut dire. Etre prioritaire par rapport à quoi ? A de nouveaux inscrits peut-être. Mais on ne va pas sortir des enfants déjà scolarisés pour y mettre les nôtres.”

“Il y a une vraie solidarité des établissement privés des 15è, 14è, 6è et 7è arrondissement pour accueillir en priorité les familles, mais malgré cela, je sais que cela ne suffira pas” déplore Marie Blanchet. “Même en comptant sur les écoles publiques, il n’y aura pas suffisamment de places.”

Cour © Ecole Les Saints Anges

Quelles sont les motivations de l’Œuvre ?

Nous avons contacté l’Œuvre des Saints-Anges pour connaître les motivations et la nature du projet qui devrait être développé en remplacement de l’école. Maria Elena de Saint Didier, présidente du conseil d’administration de l’institution, ne nous a donné aucune information. Le seul élément de réponse qu’elle nous a écrit est que “le représentant légal de l’école est le président de l’OGEC. C’est ce dernier qui a initié l’action en justice qui a amené les Juges à constater qu’il s’agit d’un occupant sans droit ni titre.” Une information démentie par la partie adverse qui indique que c’est l’Œuvre qui a dénoncé en premier le contrat de commodat en 2000, puis par acte judiciaire le 4 juin 2009 comme indiqué dans le compte-rendu de la décision de mai dernier rendue par la Cour d’appel de Paris.

“Nous sommes face à une personne irraisonnée” estime la directrice de l’école. “Des solutions ont été cherchées pour trouver un accord avec ce propriétaire. Depuis plus de 20 ans, l’école se bagarre pour obtenir le fait de rester dans ces locaux.”

D’autant qu’aux yeux des parents et de la direction, cette demande de quitter les murs de la rue de Vouillé est incompréhensible du fait de la mission de cette institution. “Il n’y a pas de visibilité sur les projets de l’Œuvre, alors que l’école assure vraiment l’objet social de cette institution. Elle fait œuvre d’éducation. Elle est ouverte à des enfants handicapés” explique Marie Blanchet.

Le combat judiciaire se poursuit. Ne perdant pas espoir, la directrice de l’école compte beaucoup sur la mobilisation des familles. Donnons-lui le mot de la fin : “je crois que l’on ne touche pas à une école. C’est sacré. Qu’elle soit publique ou privée. C’est un lieu d’ascension sociale. On n’a pas le droit de faire ça, surtout pour quoi ? On ne sait pas.”

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