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Démarche éco-responsable, si on consommait moins et mieux ? Dans le 15ème aussi

magasin vrac - Day by day - Paris 15ème arrondissement

Consommer bio, consommer durable, consommer local sont au goût du jour, entre volonté politique de réduire la pollution et désir d’une partie de la population de s’inscrire dans une démarche éco-citoyenne et environnementale. Pour ceux qui s’interrogent et souhaitent franchir le pas d’une démarche éco-responsable, nous avons scruté le 15ème arrondissement à la loupe pour leur dénicher des initiatives privées ou associatives afin de se lancer. Place à la fabrication de produits maison, aux solutions zéro déchet et au circuit court.

Lovemetique - cosmétique - Paris 15ème arrondissement
Les soins beauté créés sur mesure en atelier

Soins du visage, soins du corps, soins des cheveux et maquillage, si vous recherchez des cosmétiques sur mesure, Morgane vous aidera à créer pas moins d’une vingtaine de produits. Après avoir participé à un atelier de 30 minutes, vous repartirez avec votre crème et sa recette à refaire vous-même à la maison. Dans sa boutique Lovemetique de la rue de Vaugirard, elle constate chez ses clientes « un ras-le-bol de ne pas savoir ce que l’on consomme, d’apprendre de jours en jours, que certaines substances sont à proscrire ou cancérogènes. Ca provoque un déclic chez les gens qui commencent à avoir envie de faire eux-mêmes, en sachant exactement ce qu’il y a dans leurs produits » explique-t-elle. « Il y a un vrai manque de confiance envers l’industrie cosmétique. »

Cette solution a un second avantage, celui de limiter le gaspillage. « Ca nous pousse à réduire les quantités. Ca nous rééduque un peu » ajoute Morgane. « On arrête d’acheter des produits dont on n’a pas besoin et qui parfois ne nous correspondent pas. En faisant nous-mêmes, on produit les quantités nécessaires et qui sont efficaces pour nous. »

Livre recettes produits ménagers - Adeline Grolleau
25 recettes de produits ménagers écologiques par Adeline Grolleau

Pour l’entretien de la maison, les ateliers de fabrication de produits ménagers se multiplient aussi. Il y a 7 ans, Adeline Grolleau, consultante en développement durable et résidente du 15ème, s’est lancée dans cette aventure. A force de patience et de tests dans sa cuisine-laboratoire, elle a réussi à concocter 25 recettes, qu’elle vient de compiler dans un livre. Désormais, vous pourrez entretenir intégralement votre intérieur, de la cuisine aux sanitaires : entretien du linge, produits vaisselle, nettoyage du four, désinfectant, lavage des vitres et des sols,… Adeline nous raconte tout sur son livre et sa démarche dans cette interview : 25 produits ménagers écologiques à fabriquer soi-même, le livre de recettes.

Savon de Marseille, bicarbonate de soude,… pour acheter les ingrédients nécessaires à la fabrication de ces produits, vous pourrez pousser la porte du magasin de Rozenn, rue du Général Beuret, spécialisé dans le vrac. « Chez Day by Day, notre objectif est de réduire le gaspillage et les déchets, en permettant à chacun de le faire » précise-t-elle. « Ici, on vient avec ses propres contenants, pour acheter la quantité dont on a besoin, sans emballage superflu, donc on n’a rien à jeter. »

magasin vrac Day by day - Paris 15ème arrondissement
Option zéro déchet avec les magasins de vrac

Les produits sont d’origine française pour la plupart, autour de l’épicerie salée et sucrée, des produits d’hygiène et pour animaux. « On s’y retrouve financièrement, car on ne paye ni l’emballage, ni le marketing. Mais il y a un autre effet » indique Rozenn. « On achète la quantité dont on a besoin. Quand on consomme en vrac, on vient avec ses contenants. Donc on pense un tout petit peu à l’avance à ce que l’on va acheter. On ne peut pas improviser et être pris d’une frénésie de surconsommation comme dans un hypermarché. »

Concernant l’achat de légumes et de fruits frais, la solution est le circuit court. Deux types de structures se développent en parallèle, la Ruche qui dit oui et les AMAP. Si, vues de loin, elles donnent l’impression de proposer le même service (adhésion, jour de distribution hebdomadaire dans un lieu unique,…) quand on y regarde de plus près, la démarche est très différente.

La première est une société, créée en 2010, qui propose de la vente directe de produits maraîchers entre les acheteurs et les producteurs, par l’intermédiaire d’une ruche. Elles sont aujourd’hui au nombre de six dans le 15ème arrondissement. Via le site internet de sa ruche, chaque adhérent passe commande auprès d’un ou plusieurs producteurs inscrits sur cette sorte de place de marché virtuelle. Les producteurs viennent livrer les marchandises, uniquement si le volume de commande minimum requis par produit est atteint, lors de la session hebdomadaire de distribution.

AMAP Blomet Grands Prés - Distribution Valgiros - Paris 15ème arrondissement
Soir de distribution pour l’AMAP Blomet Grands Prés

Nées au Etat-Unis en 1985 et arrivées en France au début des années 1990, les AMAP ont un fonctionnement bien différent. Il s’agit d’associations qui ont à cœur d’accompagner une exploitation maraichère sur la durée. Elles passent un contrat avec l’exploitant qui lui garantit un revenu régulier. Les adhérents s’engagent pour un an à acheter les parts de récolte en légumes de saison, produits tout au long de l’année. Les amapiens sont alors étroitement liés à la vie de la ferme qui les nourrit en produits bio de qualité. Nous avons rendu visite à l’AMAP Blomet Grands Prés, qui vient d’ouvrir un second lieu de distribution, pour voir ce qu’il s’y passe de plus près : Au cœur d’une AMAP du 15ème, un engagement pour une alimentation saine et durable.

Les plus sceptiques se demanderont si cet engouement pour le bio et ces démarches éco-responsables est bien réel ou seulement une bulle médiatique. « C’est une question que l’on se pose tous les jours » explique Rozenn. « Est-ce que c’est un effet de mode ? Est-ce que l’on ne va pas tomber dans le marketing du bio, ce qui serait une erreur ? Aujourd’hui ça reste encore un marché de niche, représentant une toute petite partie de la consommation. Mais il y a un facteur qui m’interpelle. Une grande partie de la clientèle du magasin sont des jeunes de 25-35 ans qui arrivent avec leur sac à dos. Ils sont dans un mode de vie très différent du nôtre. J’ai l’impression qu’ils voient la vie différemment, le monde et la planète différemment. Eux, ils ont déjà pris conscience de tous ces enjeux. »

Alors ? On s’y met ?

Anne-Marie Leca
Anne-Marie Leca
Journaliste, créatrice de Valgirardin.fr, Anne-Marie vit et travaille dans le 15ème arrondissement depuis une quinzaine d’années.

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