Maro Akaji, de "Kill Bill" à la danse Butô

Maro Akaji, de “Kill Bill” à la danse Butô

Comédien très connu au Japon, avec près de 70 films et téléfilms à son actif, et dirigé par les plus grands comme Takeshi Kitano ou Quentin Tarentino, Maro Akaji est également un danseur Butô. Sa compagnie Dairakudakan, composée d’une vingtaine de danseurs, se produira sur la scène de la Maison de la Culture du Japon à Paris dans deux spectacles, à partir du 4 juin. La MCJP profite de sa venue à Paris pour projeter trois de ses films qu’il présentera en personne.

La danse Butô

Le Butô, “danse des ténèbres” créée au Japon dans les années 60, se caractérise par une très forte présence des corps, par laquelle l’être humain affirme son existence. La compagnie Dairakudakan a été fondée en 1972 par Maro Akaji, qui du haut de ses 71 ans, conserve une image très banchée, séduisant encore de nombreux jeunes danseurs. Ses spectacles sont dominés par les excès en tous genres, où les contraires s’allient : le beau côtoie le laid et le rire éclate au cœur du monstrueux.

Ce mois-ci, deux spectacles de la compagnie sont proposés à la MCJP.

Photo Ode à la chair © Naoko Kumagai
Ode à la chair © Naoko Kumagai

Ode à la chair est une pièce sur la féminité au-dessus de laquelle plane l’ombre du tsunami de 2011.

La chorégraphe et interprète Emiko Agatsuma, l’une des plus anciennes danseuses de la compagnie, explique être “née dans le Nord du Japon dans une ville dont la moitié faisant face à l’océan a été dévastée par le tsunami. Juste après la catastrophe, j’y suis allée pour nettoyer les rues, enlever la boue. Les paysages dans lesquels j’ai grandi étaient complètement dévastés. J’ai eu l’impression qu’on m’avait amputé la moitié de mon corps. Cette envie de deuil et d’hommage à la catastrophe s’est dévoilée malgré moi à travers cette pièce dédiée aux femmes”.

Du 4 au 6 juin. A l’issue de la représentation du 5 juin, une rencontre avec Maro Akaji et Emiko Agatsuma sera organisée.

Photo La Planète des insectes © Chris Randle-VIDF2015
La Planète des insectes © Chris Randle-VIDF2015

Dans La Planète des insectes, Maro Akaji interprète et met en scène un monde futuriste où les insectes ont pris le pouvoir sur les hommes.

“Vue du ciel, notre vie sur la Terre doit ressembler à celle d’une fourmilière. Dans un environnement naturel soumis à de brusques changements et qui semble hostile à l’Homme, les insectes sont parvenus à vivre en s’adaptant” tandis que “l’Homme a vécu jusqu’à présent en modifiant son environnement de telle sorte qu’il lui convienne. L’espèce humaine étant une branche de l’évolution des êtres vivants, il doit rester quelque part en nous une trace de nos ancêtres les insectes.”

La musique de ce spectacle a été composée par Jeff Mills, l’un des pionniers de la techno.

Avec cette pièce, la MCJP participe au Festival de théâtre du 15ème arrondissement, 15 Cents Coups qui démarrera le 12 juin.

Du 11 au 20 juin. A l’issue de la représentation du 18 juin, une rencontre avec Maro Akaji sera organisée.

Et le cinéma…

La MCJP propose également une sélection de trois films présentés par Maro Akaji lui-même, dont un documentaire sur la compagnie Dairakudakan, Nu en été. Le film Tada’s do it all house : Disconcerto sera projeté en avant-première française. Ce sera également l’occasion de redécouvrir Mélodie tsigane qui a reçu le Prix spécial à Berlin en 1981.

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