Festival LéonArt : une nouvelle génération d’artistes en quête de sens

Festival LéonArt : une nouvelle génération d’artistes en quête de sens

Peintre, maroquinier, relieurs, ébéniste, tailleur de pierre, ils sont venus, ce samedi, avec leur matériel et leurs matériaux pour des démonstrations de leur savoir-faire. Le festival LéonArt, qui s’est tenu le week-end dernier dans le Théâtre Saint-Léon, a pour ambition de donner de la visibilité aux jeunes artistes et artisans d’art. La plupart d’entre eux, âgés d’une vingtaine d’années, participaient à leur premier salon.

Jean-Baptiste, co-organisateur de cet événement placé sous le signe de la recherche du Beau, invite à un questionnement philosophique sur cette notion. « Je pense qu’il y a un nouvel élan artistique actuellement, en quête de sens, par un retour à la simplicité et non à un retour au classique. L’art contemporain a sa place et on l’apprécie, mais beaucoup d’artistes ne se retrouvent pas dans cet art, voire pas du tout, même s’il nous a appris à être vraiment libre. »

Avec leur fougue et leur certitude sur un avenir où tout sera possible, les jeunes artistes et artisans, rencontrés ce jour-là, ont exprimé leur point de vue et donné leur vision de la beauté.

Maylis Maurin - festival Léonart - paris 15
Maylis Maurin – Copiste et restauratrice d’œuvre d’art
Maylis Maurin, 22 ans, fraîchement diplômée de l’Ecole de Condé, est restauratrice de tableau et copiste. « J’aime m’approprier un tableau, entrer dans l’univers de l’artiste, son époque, ça me fait voyager. » Pour Maylis, « l’art doit être accessible à tous. Même s’il est subjectif et personnel, le Beau est une forme d’énergie positive qui nous tire vers le haut. »
Marie Roger - festival leonart - paris 15
Marie Roger – Relieur-doreur

« Si la beauté est liée à la sensation ressentie en regardant l’œuvre, je crois qu’elle doit être ordonnée, harmonieuse et équilibrée », nous explique Marie Roger, 24 ans, relieur-doreur. « Aujourd’hui, nous sommes dans une société où tout est très rapide, où l’on a tout tout de suite. On prend, on jette, tant pis si ce n’est pas de la qualité, si ça ne dure pas, si ça ne tient pas. Il faut qu’il y ait une utilité immédiate et une forme de rentabilité absolue. Je n’aime pas du tout cet état d’esprit. Je pense que l’on peut créer des objets durables. Evidemment, ça demande davantage de temps, mais en soit, notre corps d’homme est fait pour travailler. Je pense qu’il est possible de trouver un équilibre entre ce travail manuel et les nouvelles technologies qui seraient poussées à l’excès. »

Madeleine Riveron - festival Leonart - paris 15
Madeleine Riveron – Relieuse et illustratrice

« Il faut du temps pour faire les choses bien », confie Madeleine Riveron, relieuse depuis trois ans, déplorant la « recherche d’une certaine rentabilité » même si c’est pour payer les charges. « Quand une personne nous confie son livre à restaurer, c’est qu’elle y tient. Dans mon travail, j’aime prendre le temps. La notion de beau va vraiment de paire avec la notion de vrai, d’authenticité. »

Antoine Bavoux - festival leonart - paris 15
Antoine Bavoux – iconographe, artiste peintre et restaurateur de tableaux
Pour Martin Buchmuller, encore apprenti-maroquinier, et Antoine Bavoux, restaurateur et iconographe, la beauté repose sur le travail.
« On a la volonté de réaliser le produit le plus beau possible, ce qui demande des heures de travail pour créer l’objet que l’on avait en tête. » explique Martin.

« Montrer ce qui est beau, c’est montrer le travail de l’artiste, la création », confie à son tour Antoine, « très attaché à l’art qui demande du travail, de la recherche, du temps et de la patience. »

Martin Buchmuller - festival Leonart - paris 15
Martin Buchmuller – maroquinier

Jean-Baptiste partage ce point de vue, « il n’y a pas besoin d’être complètement déjanté pour être artiste. Ils ont conscience des dangers de la vie. Ils travaillent dur », en faisant sienne la pensée de Jacques Brel, « je ne connais pas d’artistes, je ne connais que des travailleurs. »

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Caroline Fleury, peintre et graphiste, est « très regardante sur la démarche de l’artiste, sur son chemin et sur ce qu’il recherche dans son travail. C’est ce qui va nous questionner. Parfois nous avons besoin d’être initié pour comprendre et regarder une œuvre. Le beau peut émerger de là où on n’imagine pas, même dans son propre regard. Je suis plus sensible au message de fond. »

Pour Charlotte Dubois, sa consœur photographe et graphiste, « l’art n’est pas séparé de l’artiste et de son histoire. L’artiste tend vers ce qui l’habite. Plus il sera en confiance, plus il pourra sortir quelque chose de beau, d’où la subjectivité. On est touché si on écoute l’histoire de la personne cachée derrière l’œuvre. »

« Avec ce festival », conclue Caroline, « il y a un véritable honneur à valoriser les métiers d’art, repris par des jeunes. Ca, je trouve que c’est beau en soi. »

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