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Parc Brassens : le rendez-vous des collectionneurs de cartes postales

Salon des collectionneurs de cartes postales - CFCCP - paris 15

Hier, a eu lieu la traditionnelle Journée des Collectionneurs sous la Halle aux chevaux du parc Georges Brassens. Adossé à cette manifestation, s’est tenu également le salon annuel des cartophiles, organisé par le Cercle Français des Collectionneurs de Cartes Postales (CFCCP). Le cercle, dont le siège est situé dans le 15ème arrondissement, fête son 50ème anniversaire cette année. En parcourant les allées parmi la trentaine de stands présents, nous avons rencontré son président, Ronald Mattatia. Il nous a éclairés sur l’histoire de la carte postale et la pratique de cette collection.

A quel moment la carte postale apparaît-elle ?

R.N. : La carte postale naît en Autriche où elle est officialisée en 1869. Suivant le même chemin que d’autres pays européens, la France l’autorise le 15 janvier 1873. Aujourd’hui, on ne se rend pas compte de l’engouement pour ces cartes jusqu’à la Première guerre mondiale. En France, des centaines de millions de pièces sont vendues chaque année, frôlant parfois le milliard.

Pourquoi un tel succès ?

R.N. : La carte postale répond à un besoin. Les gens ne se déplaçaient pas comme aujourd’hui et partaient très peu en vacances. Le téléphone n’était pas encore installé partout et la Poste marchait très bien. J’ai une carte où l’expéditeur écrit à son correspondant « Je t’envoie cette carte pour te dire que je passerai te voir demain matin à 10h ». Elle a été postée à 17h, comme l’indique le tampon de la Poste.

La carte est une façon de donner des nouvelles dans les familles. Elles les rangeaient dans un album et les montraient avec fierté aux personnes qu’elles recevaient.

Ronald Mattatia CFCCP
Ronald Mattatia, Président du Cercle Français des Collectionneurs de Cartes Postales

La Guerre de 14-18 est une époque charnière.

R.N. : Les soldats envoyaient des cartes postales du front, ce qui n’a pas duré très longtemps. Pour les Etats-Majors, ils risquaient de donner des informations à l’ennemi. Elles étaient donc censurées. Les éditeurs ont inventé la carte patriotique représentant des soldats, le drapeau français ou des fleurs patriotiques comme le coquelicot. L’idée des fleurs est née de l’habitude des soldats qui joignaient à leur courrier des fleurs trouvées sur les champs de bataille. A l’issue de la guerre, les gens avaient d’autres soucis et ont abandonné l’usage de la carte postale.

Votre Cercle est né en 1966, une période de redécouverte de la carte postale.

R.N. : Il y a une renaissance à ce moment-là. Peut-être que les personnes ont trouvé des albums dans les greniers des maisons de famille. Les cartes étaient un beau reportage sur le mode de vie de son époque, 50 ans auparavant. Notre cercle est le premier club de collectionneurs de l’ère moderne. Le premier catalogue avec des cotations est sorti au milieu des années 1970.

Y a-t-il des thèmes de prédilection, des cartes très recherchées ?

R.N. : Il y a deux manières d’aborder la collection : par le régionalisme, où l’on recherche des cartes sur son lieu de vie ou de naissance, et par la thématique où la créativité des collectionneurs n’a pas de limite.

Les sujets très demandés sont les attelages de chiens et les montreurs d’ours. La série Paris vécu, qui comprend une centaine de cartes sur la vie parisienne, et celle sur les métiers parisiens disparus sont également très recherchées.

Quel votre sujet de collection ?

R.N. : Dans mon cas, je collectionne les cartes de l’Ecole Centrale où j’ai étudié. J’aidais mes enfants dans leur recherche sur leur école Louis Legrand. En regardant dans un paquet de carte, je suis tombé sur l’une d’elle représentant mon ancienne école. Ma collection débutait. Aujourd’hui, avec 3 à 400 pièces, je pense avoir 95% des cartes produites sur Centrale. J’en vois rarement de nouvelles. Puis j’ai élargi à d’autres écoles comme Polytechnique ou l’Ecole des Mines. Nous devons être deux ou trois en France à nous y intéresser.

Le CFCCP organise régulièrement des expositions au moment de ce Salon de la Carte Postale. Cette année, elle s’est déroulée à la Mairie du 15ème pour célébrer le cinquantenaire du Cercle.

Il ne reste plus que quelques jours pour découvrir l’exposition sur la vie autour des abattoirs de Vaugirard au début du siècle dernier. C’est à la Bibliothèque Vaugirard où sont présentées les cartes du collectionneur Alain Baudens, membre du Cercle. Organisée à l’occasion de la manifestation Réveiller la mémoire des Périchaux, elle est à voir jusqu’au 11 mai.

Anne-Marie Leca
Anne-Marie Leca

Journaliste, créatrice de Valgirardin.fr, Anne-Marie vit et travaille dans le 15ème arrondissement depuis une quinzaine d’années.

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