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Prix littéraire Georges Brassens décerné à Olivier Chantraine

Prix littéraire Georges Brassens - Olivier Chantraine - Paris 15

Soirée en toute amitié, hier, au Dupont Café, qui accueillait pour la première fois, la cérémonie de remise des Prix Georges Brassens, organisée par l’association ACE15 et la librairie Le Divan. Le Prix Littéraire a été attribué à Olivier Chantraine pour son roman Un élément perturbateur (E. Gallimard). Le Prix Mémoire a été décerné à Nadine et Max Chorier, créateurs du Festival Brassens de Chirens-Chavarines en Isère.

« Avec le jury, on essaye de récompenser un livre qui aurait trouvé grâce aux yeux du lecteur qu’était Georges Brassens » souligne Philippe Touron, directeur de la librairie Le Divan et membre du jury. « C’est une certaine forme de défi d’attribuer un prix au nom d’un artiste. Désigne-t-on un livre car il reprend les mêmes codes littéraires que Brassens, ou bien est-il dans cet esprit d’irrévérence et de respect de la langue, d’amour pour la marge, dans un souci de plaire au plus grand nombre ? »

Cette année, le Prix Littéraire Georges Brassens a fait honneur à Olivier Chantraine, qui signe son tout premier roman. « Son livre nous a paru réunir toutes ces qualités. Il est extrêmement drôle, mettant en scène un personnage qui finalement perturbe la bonne marche du monde. Il est écrit dans une vraie maitrise de la langue » précise Philippe Touron. « Il y a une façon de moquer tout en aimant, une certaine manière de tourner en dérision, tout en portant un regard qui n’est jamais ni méchant ni haineux. Il y a une forme de bienveillance dans la drôlerie du livre. »

Prix littéraire Georges Brassens - Olivier Chantraine - Gallimard - Paris 15
Olivier Chantraine reçoit son Prix des mains de Joël Jondeau, mécène du Prix 2017 et directeur du Dupont Café

Trois questions à Olivier Chantraine :

Quel est le sujet de votre roman ?

O.C : Il raconte l’histoire de Serge, personnage assez paradoxal, assez brillant intellectuellement, et en même temps, paralysé par tout un tas de phobies, notamment celle de l’engagement. Il a monté un système tout a fait bancal, mais qui tient pour lui. Il vit dans son petit monde, mais, brutalement, la machine va s’enrayer quand il va être frappé d’aphasie. Il va se retrouver au pied du mur, obligé de prendre sa vie en mains. Ca va faire pas mal de dégâts autour de lui, car il va se révéler à lui-même et aux autres totalement différent de l’homme qu’il aura été pendant 44 ans.

Quels thèmes abordez-vous ?

O.C. : Il y a deux choses qui m’intéressaient. Tout d’abord, cette image de Bartleby moderne, personnage de Melville, qui est à l’intérieur du système mais globalement très peu coopératif. Il en est un peu l’élément perturbateur, sachant que l’aphasie est elle-même un élément perturbateur pour lui. Il y a donc ce thème de la résistance passive au sein de l’entreprise, face au système dominant, qui sont plutôt déshumanisants, avec une tendance à oppresser les gens.

Le second thème est l’aphasie. Ca m’intéressait d’imaginer ce que pourrait provoquer sur soi et sur les autres, une personne qui subitement arrête de parler, dans un monde pétri de bavardages incessants, de débats a la radio, de chaines info,…

Et recevoir ce Prix Georges Brassens ? L’artiste a-t-il une résonance particulière pour vous ?

O.C. : Ce Prix est une grande fierté et un encouragement. Je trouve que ça rejoint un peu l’éthique que je poursuis en termes d’écriture. Je crois que les auteurs ne sont pas là pour asséner des grandes vérités aux lecteurs. Je crois que derrière une histoire, des personnages, se cachent d’autres histoires. On le retrouve dans les textes de Georges Brassens, dont j’ai toujours aimé la forme.

Sous une apparence un peu provocatrice, un peu ironique, il y a en réalité des messages bien plus profonds qui sont véhiculés. J’ai ce même soucis de transmettre des idées, une vision du monde, un point de vue, mais dune manière un peu légère pour que ce soit agréable à lire pour le lecteur.

Nadia et Max Chorier - Prix Mémoire Georges Brassens - Paris 15
Nadia et Max Chorier reçoivent en chanson le Prix Mémoire Georges Brassens

Au cours de la soirée, un second Prix a été décerné, le Prix Mémoire, à Nadine et Max Chorier pour la création et l’animation de leur Festival Brassens de Chirens-Chavarines en Isère. Il a été remis par Pierre Schuller, mécène du Prix et président de l’association Auprès de son arbre. « Nous sommes une petite association, qui a porté ce projet à bout de bras avec beaucoup de passion. C’était un plaisir de promouvoir l’œuvre de Brassens » explique Nadia Chorier. « C’est un honneur de recevoir ce Prix. Brassens c’est mon adolescence. Les premières chansons que j’ai entendu, ça a été dingue ! Je me suis précipité chez le marchand de guitare ! » précise Max Chorier.

Créé en 1996, le festival se déroule chaque année, le premier week-end d’août. Il est le plus ancien festival Brassens de France, après celui du 15ème arrondissement. Organisées en octobre depuis 30 ans dans le parc Georges Brassens, les « Journées Brassens » n’ont pas pu, exceptionnellement, avoir lieu cette année. Mais le président de l’ACE15, Guy Couderc, nous a d’ores et déjà donné rendez-vous pour l’année prochaine, les 14 et 15 octobre 2018.

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