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Prix de L’Instant : “Les danseurs de l’aube”

Poursuivons notre découverte des ouvrages sélectionnés pour le Prix de l’Instant avec Les danseurs de l’aube de Marie Charrel (Les Editions de l’Observatoire). Une plongée dans l’univers du flamenco en suivant le parcours et le combat de deux couples de danseurs à près d’un siècle de distance. Rencontre…

Qui est Sylvin Rubinstein, personnage de votre roman qui a réellement existé dans les années 1930 ?

Longtemps, l’histoire de Sylvin Rubinstein m’a habitée comme une certitude. Un danseur de flamenco Juif se travestissant en femme pour tuer des Nazis et venger sa sœur : c’était tellement fou, si romanesque ! Presque du Tarantino. Comment ce petit Polonais devenu apatride avait-il intégré la Résistance ? Comment avait-il survécu ? Par quelle injustice était-il tombé dans l’oubli ? Un jour, il faudrait comprendre. Il faudrait l’écrire. La certitude est vite devenue une obsession.

Je travaillais sur mon précédent roman et sans cesse, je pensais au destin flamboyant et tragique de Rubinstein, aux réflexions qu’il éveille sur les maux de l’Europe, à son identité trouble, à l’art pour lequel il brillait. J’imaginais la façon dont il devait inspirer des danseurs d’aujourd’hui ; je les voyais virevolter sur scène, vivre fort, se heurter à l’intolérance eux aussi. Peu à peu, Sylvin est devenu mon personnage, et d’autres ont pris vie autour de lui : Lukas, Iva, Maria.

Vous faîtes résonner deux couples de danseurs à deux époques distinctes ?

Malgré les doutes, une voix en moi croyait très fort en cette histoire double, mêlant le passé et le présent, explorant les résonances de l’Histoire, tout en embarquant les lecteurs dans un road trip à travers l’Europe. J’ai voyagé, creusé, étudié pour donner corps et chair à ce roman, le bâtir, comme on le ferait d’un refuge. J’ai voulu y mettre toute la fièvre de l’Espagne andalouse et la folie duduende – celle qui n’efface pas les douleurs mais les sublime. Au fond, telles sont les raisons pour lesquelles j’écris : donner voix aux oubliés et aux meurtris. Apprendre, afin de partager mes découvertes. Inviter au voyage, forger des personnages inspirants, faire vibrer, en mêlant émotions et réflexions.

Votre roman figure dans la sélection du Prix de l’Instant, qu’en pensez-vous ?

J’en suis très heureuse et touchée. Parce qu’il s’agit d’un prix de librairie – la pandémie a rappelé, s’il le fallait, à quel point les libraires sont nos précieux passeurs de rêves – et de lecteurs, sans qui rien n’est possible. Leurs chaleureux retours et cette sélection sont plus qu’un soulagement et une joie. Ils sont un formidable encouragement : il faut toujours écouter la voix en soi. Croire en ses personnages, se laisser embarquer, suivre l’instinct.

“Je trouve ce roman très contemporain, très fort” précise un membre du jury, avec “des passages sur la danse qui sont sublimes.” Marie Charrel retrace le destin d’artistes épris de liberté, rattrapés par la folie du monde, mais prêts à se battre jusqu’au bout pour défendre qui ils sont.

Les autres ouvrages de la sélection :

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